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mardi, janvier 25, 2022

le doux effet cathartique du Rap

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Entre le Maroc et l’Algérie, rien ne va plus, sauf le Rap… à l’ambiance alambiquée des communiqués outrageusement outragés émanant du palais de la Mouradia, s’est en effet substituée l’atmosphère électrique et délicieusement épicée des joutes «Rapistiques» intermaghrébines.

C’est ainsi que les noms d’oiseaux ont fusé, les flow rugueux ont tinté et les verbes acérés ont sifflé, de part et d’autre des frontières marocoalgériennes où l’on s’est finalement rendu compte que le talent, l’inspiration et surtout la colère ne sont pas l’apanage des uns sans les autres. Et au final, le peuple s’est défoulé en exprimant ses sentiments les plus refoulés, sans effusion de sang, d’armement, ni d’argent. Il y eut certes des dérapages, et que serait d’ailleurs le Rap sans dérapages. Mais il y eut surtout échange, interaction et création entre deux «peuples jumeaux» que les dirigeants algériens ont tout fait pour séparer et diaboliser durant de longues années.

De cette succession de clashs plus ou moins inspirés, un certain effet cathartique semble aujourd’hui exhaler, que le régime des caporaux s’empressera certainement de dissiper. Ces mêmes généraux qui ont essayé au début du désormais légendaire «Bifmaroco-algérien » de souffler sur les braises d’une joute musicale pour la transformer en confrontation nationale.

La légende, fausse ou réelle, veut d’ailleurs que le président Tebboune, dont les oreilles auraient été flattées par certains Tracks particulièrement orduriers à l’encontre du Maroc, se soit joint à la mêlée en promettant une généreuse «Ghrama» d’un million de dinars à ses rappeurs les plus aguerris dans l’art du «Morocco bashing», érigé ces derniers temps en véritable religion par les dirigeants d’Alger.

Mais en face, de l’autre côté des frontières de ce Maroc méconnu par les nouvelles générations algériennes, il a trouvé oreilles attentives et coeurs vaillants chez «Don Bigg», «Pause Flow», «Rofix», «Ali Ssamid» et bien d’autres rappeurs marocains surdoués qui lui ont rétorqué avec cet art du clash qu’ils manient comme un sabre depuis deux décennies. Ainsi va en effet le Rap où, contrairement à la diplomatie des communiqués boisés et faussement enflammés, c’est toujours clash pour clash et dent pour dent. Et c’est tellement bon !

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